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AgroParisTech, la direction cède à l'agroterrorisme

Une journée d'étude intitulée "Paradoxes de l'action stratégique écologiste contemporaine" était prévu ce jeudi 25 janvier, au sein de l'AgroParisTech (APT) en région parisienne, école d'ingénieur agronome sous tutelle du ministère de l'Agriculture. Dans ce cadre, plusieurs intervenant·es avaient été programmé·es pour des ateliers thématiques, intervenant·es spécifiquement choisi·es pour leur radicalité (Bassines Non Merci, Soulèvements de la terre, Sea Shepherd...). Vincent Aubry, fondateur d'Animal1st, devait animer l'atelier "Loi spéciste et contre-violence antispéciste". Dimancher dernier, à J-4, il annonce sur twitter/X sa présence à cet évènement, de façon on-ne-peut plus descriptive. Immédiatement, l'opposition se montre. Anciens d'APT, éleveurs, députés montent au créneau et interpellent Fesneau, Attal ou Macron, l'APT elle-même, ainsi que les "influenceurs de l'Élevage", les éleveurs Étienne Fourmont, Cédric Viallemonteil, ou la lobbyiste/journaliste Emmanuelle Ducros, qui a jugé bon d'ajouter sa bouse au tas de fumier (1).


Un peu plus de 24h plus tard, un communiqué laconique d'APT tombe : elle annule cette journée.


Coup de fil du ministère ? Peur de la venue d'éleveurs violents dans leurs locaux (certains messages étaient il est vrai très explicites) ?



Ingérence et censure


Le communiqué ne parle en tout cas que d'un risque d'en faire "une caisse de résonnance de prises de position militantes"... Inviter des activistes radicaux puis leur reprocher des "positions militantes", fallait oser. À savoir que tout l'organisationnel de cette journée - intervenant·es compris·es - avait été validé par la direction de l'école des mois auparavant.

Le comble est sans doute la conclusion de ce communiqué : "l'école [...] favorise l'expression d'une diversité de points de vue." (!) En censurant donc ? La pluralité de parole oui, sauf si c'est contre l'Élevage. Ok

L'ingérence du secteur privé de l'Élevage dans des établissements publics d'État est donc validée, et les étudiant·es d'APT le dénoncent tout autant que nous (2). Ce qui nous radicalise, c'est vous

L'antispécisme n'a déjà que très peu d'espace public pour s'exprimer et pouvoir développer un raisonnement, nous subissons le mépris des journalistes, un seul rassemblement non déclaré peut nous valoir 24h de garde à vue, des tags une condamnation pour "association de malfaiteurs", et même lorsque l'on est invités, en bonnes et dûes formes, on veut nous baîllonner. Et vous vous étonnez qu'on se radicalise ?

Le manque de contradiction à cette journée vous gêne ? Est-ce-que les abolitionnistes ont été convié·es à Matignon lundi dernier pour s'exprimer ? Pourtant ils sont bien les porte-parole d'un acteur majeur de l'Élevage, le principal même, mais qui n'a jamais son mot à dire : l'animal

En novembre dernier, la prestigieuse université britannique d'Oxford, connue et reconnue pour ses débats et la valeur qu'elle accorde à la liberté d'expression, en a organisé un autour de la question : "Et si cette université devenait vegan ?", en invitant notamment l'activiste australien Joey Carbstrong, qui a pu décrire "l'holocauste animal" devant toute l'assemblée. Oxford a voté en faveur du oui.

En France, 2024, les animalistes n'ont même pas le droit de dire pourquoi ils le sont, se heurtant perpétuellement aux barrières idéologiques du spécisme et aux menaces de l'agroterrorisme chouchouté par toutes les strates de l'État. Qui s'impose réellement par la violence ?

Nos adversaires idéologiques passent leur temps à condamner notre offensivité, alors qu'ils font tout pour baîllonner la parole antispéciste, et donc les victimes animales.

Quand on n'a pas accès à la parole, on doit savoir l'arracher.

Cette journée aura bien lieu, dans un autre endroit (à l'Académie du climat à Paris), mais bien avec les étudiant·es d'APT.

Le loup n'est pas entré dans la bergerie, mais c'est bien l'éleveur qui a conduit tout le monde à l'abattoir.


Collectif Animal1st, 24 janvier 2024

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